L'Amour est dans l'Assiette Pierrerue • Mélanie et Jérémy Clapier
Mère et enfants au cœur de l’Amour est dans l’Assiette à Pierrerue
À Pierrerue petit hameau de 17 habitants à quelques encablures de Saint-Chinian, entre chèvres, volailles et vignes, Sylvie Clapier et ses deux enfants, Mélanie et Jérémy font vivre avec passion le GAEC L’Amour est dans l’assiette. Portrait.
Mélanie, un rêve de chèvres
À 31 ans, Mélanie réalise un rêve d’enfant. « Petite, je dessinais des troupeaux de chèvres. Je rêvais d’en avoir. » Après la troisième, elle choisit un bac professionnel conduite et gestion d’une exploitation agricole. Ses études terminées dans le Tarn, elle travaille cinq à six ans dans la grande distribution comme responsable du rayon épicerie.
Puis la vie la ramène à Pierrerue. Elle revient chez ses parents, tandis que son frère Jérémy fait lui aussi le choix de rentrer. Leurs parents envisagent alors d’arrêter une partie de l’exploitation. «On s’est dit : pourquoi ne pas retourner travailler avec eux ?» évoquent-ils.
En 2019, ils suivent des formations et se préparent à leur installation avec la Chambre d’agriculture. Le 10 octobre, ils deviennent associés du GAEC L’Amour est dans l’assiette.
Mélanie peut enfin installer son troupeau. Elle élève aujourd’hui 55 chèvres alpines et fabrique leurs fromages dans le laboratoire de la ferme. «Ce qui me plaît, c’est d’être dans la nature avec mes chèvres, de faire mes fromages et d’avoir le retour des clients» explique-t-elle.
55 chèvres, autant de personnalités
Les chèvres sortent chaque jour après la traite, mais doivent rentrer matin et soir. Mélanie connaît chacune d’elles et certaines ont même leur prénom. « On crée forcément un lien avec nos animaux. » précise-t-elle.
Le jeudi et le dimanche, lorsqu’elle part au marché, Jérémy prend le relais pour la traite. Une organisation qui demande de bien connaître les animaux, mais aussi de savoir se remplacer.
Jérémy, la polyvalence comme métier
À 33 ans, Jérémy connaît le monde agricole depuis longtemps. À 16 ans, il choisit un CAP production animale et utilisation des machines et fait son apprentissage dans un élevage de volailles près de Saint-Pons-de-Thomières. En parallèle, il travaille chez un éleveur de vaches à viande.
Pendant près de dix ans, il partage son temps entre les deux exploitations. «J’ai appris ce qu’était vraiment le travail, avec des patrons exigeants et stricts. C’était parfois dur, mais ça m’a permis de découvrir le métier » indique Jérémy.
Des vignes aux volailles
Aujourd’hui Jérémy s’occupe notamment des 30 hectares de vignes. Taille, labour, semis, traitements et vendanges rythment son quotidien dans les vignes. Une partie des vendanges est réalisée à la machine, l’autre à la main. « Pour les vendanges, nous employons une dizaine de saisonniers. Le raisin est ensuite confié à la cave coopérative de Saint-Chinian pour l’élaboration du vin »explique-t-il.
L’exploitation compte également 22 petits poulaillers, accueillant chacun environ 90 volailles. « C’est un élevage artisanal, en plein air , avec de petits parcours. Les poulaillers, installés au milieu des bois, demandent une surveillance quotidienne » note Jérémy.
Maman, le pilier de la maison
Dans cette organisation, leur mère reste indispensable. Elle gère l’administratif, aide à la boutique, donne un coup de main à la vigne et participe à la fabrication des fromages.
«Maman, elle s’occupe de tous les papiers ! C’est la secrétaire. Et lorsqu’elle n’est pas sur l’exploitation, elle garde aussi les petits-enfants »concluent à l’unisson Mélanie et Jérémy.
Le père, désormais retraité, continue de participer aux labours et aux travaux de bricolage. Chacun contribue ainsi à sa manière à la bonne marche de l’exploitation.
De la ferme à l’Auberge Vigneronne
Le travail de la famille ne s’arrête pas aux portes de la ferme. Dans la boutique L’Amour est dans l’assiette , ouverte en 2020, les productions du GAEC trouvent directement leur place : fromages de chèvre, volailles, huile d’olive et autres produits du terroir.
Certains prennent également le chemin de l’Auberge Vigneronne à Pierrerue , l’autre activité familiale. Les fromages de la ferme peuvent notamment être servis au restaurant, créant un lien naturel entre l’élevage et la cuisine.
De la chèvre au fromage, de la vigne au vin, la famille maîtrise ainsi plusieurs étapes d’une même histoire : produire, transformer et partager.
Une histoire qui se partage
Les journées commencent tôt, le travail ne connaît pas vraiment de pause, mais Mélanie et Jérémy apprécient cette vie au grand air et la liberté qu’elle procure.
À travers L’Amour est dans l’assiette et l’Auberge Vigneronne, leur travail se retrouve finalement sur les étals comme dans les assiettes.
Une histoire de famille, tout simplement… et une belle façon de mettre l’amour du métier dans l’assiette.